Hapkido · Jungki Kwan
La pratique du Hapkido
Le Hapkido est un art martial coréen de auto-défense dont le nom signifie « la voie (Do) de l'union (Hap) des énergies (Ki) ». Cette page présente son histoire, l'école Jungki Kwan, le Ho Shin Sul et le système de grades — tel qu'enseigné au KMD44 par le Maître Olivier Lehuby, 5e dan Hapkido Jungki Kwan.
Origines
Choi Yong-Sul — fondateur du Hapkido
La biographie de Choi Yong-Sul est sujette à caution car peu de preuves matérielles subsistent de son parcours — du fait notamment de la Seconde Guerre mondiale et de sa situation de Coréen au Japon durant la colonisation (1910–1945). L'histoire est principalement basée sur ses propres récits et ceux de ses premiers élèves. Le texte ci-dessous est écrit par David Constant, auteur du blog Arts Martiaux et Culture de Corée, et reproduit avec son aimable autorisation.
Sa biographie
CHOE Yeong-Sul (최 용술, 1904–1986) est né dans le village de Yeongdong, province de Chungbuk-do. À l'âge de 8 ans, un marchand japonais nommé Moritomo l'emmena au Japon. Abandonné dans la ville de Moji, il se retrouva seul à Ôsaka, fut recueilli par la police et confié à un temple bouddhiste à Kyôto où le moine Watanabe Kintarô s'occupa de lui.
Watanabe était un ami proche de Takeda Sokaku, maître de l'école Daitō-ryū Aiki-jūjutsu. Il arrangea l'introduction de Choe auprès de lui en 1913 — Takeda lui donna le nom japonais de Yoshida Asao et le prit sous sa direction personnelle pendant plus de 30 ans, en tant qu'Uchi-Deshi (étudiant-résident).
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, vers 1945, Choe rentra en Corée. Ses bagages, son argent et ses diplômes martiaux (Menkyō-kaiden) lui furent volés durant le voyage. En février 1948, il rencontra Seo Bok-Seop, son premier étudiant, après qu'une bagarre dans la rue révéla des techniques inconnues de ce dernier, alors 1er dan de Jūdō.
Le 12 février 1951, Choe et Seo ouvrirent le Daehan Hapki-Yugweonsul Dojang. C'est autour de 1958 que le style prit définitivement le nom de Hapgido. Choe Yeong-Sul mourut en 1986 à Daegu.
Extrait de son interview de 1982
« Quelle était la nature de votre entraînement sous la conduite de Takeda Sokaku ? — Takeda Sokaku était le chef du Daito-Ryu Aikijujutsu. J'ai vécu dans sa demeure et étudié sous sa conduite personnelle pendant plus de 30 ans. J'étais son fidèle étudiant et pendant 20 ans de mon instruction, je vécus isolé en sa demeure dans la montagne. »
« Combien de techniques avez-vous personnellement assimilé ? — Peu de temps avant sa mort, mon professeur me dit que j'étais le seul étudiant auquel il avait transmis tous ses secrets et techniques. »
Takeda Sokaku avait développé 3 808 techniques dans son système. Selon Choi Yong-Sul, il fut le seul à les recevoir dans leur intégralité — ce qui fonde la richesse et la rareté du Hapkido originel tel que transmis aujourd'hui par le Jungki Kwan.
Tradition
L'école Jungki Kwan
Le style de Hapkido pratiqué au KMD44 est celui du Jungki Kwan. Le Jungki Kwan a été fondé en 1974 par le Grand Maître Lim Hyun-Soo. Il rencontre le fondateur du Hapkido, DJN Choi Yong-Sul, en 1965 et ressent un charme mystérieux qui le porte sur le chemin de l'art martial. Il est le maître qui aura étudié le plus longtemps auprès de Choi Yong-Sul, soit 21 ans, dont 10 ans de cours particuliers.
Quand en 1976 Choi Yong-Sul ferme son dojang, il rejoint alors le Jungki Kwan et y dévouera son énergie jusqu'à la fin de sa vie en 1986. Conscient des nombreux ajouts et changements qu'ont subis les techniques originelles du Hapkido en Corée et de par le monde, DJN Choi Yong-Sul demandera au GM Lim Hyun-Soo de garder fidèlement son enseignement — comme lui-même l'avait fait vis-à-vis de son maître Takeda Sokaku.
Le GM Lim Hyun-Soo est l'une des rares 4 personnes à avoir reçu un 9e dan du fondateur, et à ce jour peut-être l'unique à perpétuer exactement l'enseignement du fondateur.
L'affiliation du KMD44 au Jungki Kwan
Olivier Lehuby, enseignant du club, se forme directement en Corée auprès du GM Lim Hyun-Soo et de ses élèves Me Kang Won-Ki et Me Shin Dong-Won. Le KMD44 est officiellement affilié au Jungki Kwan de Daegu (Corée), garantissant l'authenticité et la fidélité de la transmission.
Le Jungki Kwan enseigne également le Kuhapdo (art du sabre coréen), également pratiqué au KMD44.
Auto-défense
Ho Shin Sul
« L'autre devient ton ennemi quand il manifeste une partie de toi que tu n'as pas encore apprivoisée »
Littéralement « technique (sul) pour protéger (shin) son être (ho) ». En langage courant on dit simplement auto-défense. Chaque art martial coréen a une partie Ho Shin Sul — c'est une suite logique : l'application au combat de rues.
Il s'agit d'appliquer l'ensemble des gestuelles, aptitudes et automatismes développés en Hapkido afin de se défendre contre des attaques (percussions, saisies au vêtement ou au corps, armes blanches…).
Le pratiquant peut alors contrer ou riposter de diverses manières selon son bagage technique : clés articulaires, percussions, déséquilibres, fauchages, projections, et utilisation d'objets de la vie courante (stylo, parapluie…).
Le Ho Shin Sul est un espace de liberté créative et d'appropriation des bases et des principes techniques enseignées. Il est intéressant de pratiquer, à terme, son Ho Shin Sul — celui avec lequel on se sent le plus en phase afin de gérer des situations délicates.
Progression
Passages de grades & ceintures Hapkido
Les passages de grades sont un moment important de la vie du pratiquant. Ils permettent d'évaluer sa progression et d'afficher son niveau à travers la ceinture obtenue. Aussi chaque pratiquant se doit d'être un exemple pour celles et ceux moins gradés que lui — une autre facette du Hapkido qui invite à s'améliorer constamment.
Procédure
Les passages de grades ont lieu deux fois par saison, vers février et juin. Sont évalués les critères techniques, mais l'assiduité, l'attitude, la persévérance et les efforts tout au long de l'année sont aussi pris en compte. C'est la moyenne entre l'évaluation faite au long de la saison et celle du jour J qui permet, ou non, d'obtenir le grade supérieur.
Le grade supérieur peut être obtenu de trois façons :
- Grade X — il est clairement acquis.
- Grade X « à confirmer » — l'élève a progressé et son niveau est évalué entre deux grades. À titre d'encouragement, il obtient le grade supérieur mais « à confirmer » lors du prochain passage.
- Grade X « confirmé » — il est clairement acquis et était « à confirmer » lors du précédent passage.
Dans tous les cas, l'élève porte la ceinture du grade annoncé.
La progression des grades
Avant la ceinture noire, les grades en Hapkido s'appellent des keup. La progression va decrescendo : du débutant 10e keup jusqu'au confirmé 1er keup.
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