Kyusho-Jitsu · Points vitaux · DKI
La pratique du Kyusho-Jitsu
Le Kyusho-Jitsu (kyûsho : point de pression, jitsu : méthode) est l'art du combat par stimulation des points vitaux du corps humain. Traduit par « l'art des points vitaux » ou « l'art du combat en une seconde », il est la clé des applications originelles cachées dans tous les arts martiaux asiatiques — désormais redécouvertes et enseignées au KMD44.
Histoire ancienne
Une science millénaire
La plupart des chercheurs s'accordent à situer l'origine de cette science des points vitaux en Inde, liée aux connaissances de l'Hindouisme. L'énergie vitale (prana) y circule le long d'un réseau (nadis), et aux croisements de ce réseau naissent des nœuds énergétiques (chakras). Ces nœuds sont décrits comme des interfaces entre les corps énergétiques et le corps physique. En coréen, cette technique se nomme keupsoh chireugui.
De l'Inde à la Chine — Bodhidharma
Au Ve siècle, Bodhidharma transporte cette connaissance vers la Chine, où elle s'intègre au paradigme chinois : l'énergie vitale (ki) circule dans des méridiens, avec des points de concentration appelés tsubos (en japonais), keupsoh en coréen. C'est la naissance de l'acupuncture — et de son pendant martial.
La même connaissance produit deux usages opposés : stimuler un point pour soigner (acupuncture, massages) ou le percuter pour combattre (douleur, paralysie, mise hors combat). Ces connaissances secrètes ont été codifiées et cachées dans les formes (kata, poomse, hyung) des arts martiaux, transmises de maître à disciple sur des décennies — parfois toute une vie — avant d'être révélées.
Histoire moderne
Comment le Kyusho a disparu de l'enseignement
À la fin du XIXe siècle, la modernisation du Japon bouleversa les arts martiaux. Le baron Jigoro Kano transforma le ju-jutsu en judo : le suffixe jutsu (« technique, méthode ») fut remplacé par do (« voie, accomplissement personnel »), faisant basculer l'art de combat en méthode éducative. D'autres suivirent : kendo, karate-do...
L'enseignement pour les scolaires — 1903
En 1903, Maître Itosu adapte le karaté pour l'enseignement dans les écoles japonaises. Pour permettre aux enfants de pratiquer sans risque, les points vitaux sont retirés du programme, et les applications originelles — létales — sont remplacées par des blocages inoffensifs. Les kata conservent leurs gestes, mais leur sens martial profond est soigneusement effacé.
Cette version « scolaire » est celle que le monde entier a reçue après 1945 : des occidentaux ont appris d'instructeurs asiatiques qui eux-mêmes avaient appris cette version édulcorée, sans en connaître le fond originel. Le Kyusho-Jitsu n'avait pas disparu — il avait simplement été retiré de la diffusion de masse, réservé à une transmission confidentielle entre maître et disciple de confiance.
« N'enseignez pas le Kyusho avant le 4e dan — et jamais aux occidentaux. »
— O'sensei Ueshiba, fondateur de l'Aïkido
Redécouverte
Georges A. Dillman — le père du Kyusho-Jitsu moderne
Karatéka américain, Georges A. Dillman refusa d'accepter les explications officielles des formes martiales. Il entreprit des recherches approfondies et découvrit que toutes les applications originelles des kata ciblent des points d'acupuncture situés sur le système nerveux — fin ou début d'un nerf, division d'un nerf, croisement de deux nerfs. Toutes ces techniques sont potentiellement mortelles.
La diffusion massive d'un secret ancien
Là où ses prédécesseurs avaient maintenu ces connaissances secrètes, Dillman fit le choix inverse : les diffuser massivement via livres, vidéos et séminaires internationaux. Cette décision lui valut plusieurs menaces de mort de la part de maîtres asiatiques souhaitant maintenir le secret.
Il développa son enseignement au sein de la DKI (Dillman Karate International), ajoutant des recherches sur les cycles énergétiques et les mécanismes neurologiques. Aujourd'hui, la grande majorité des organisations et enseignants de Kyusho-Jitsu dans le monde sont issus de son enseignement ou de ses travaux. Ses recherches permettent également d'utiliser le Kyusho-Jitsu de manière non létale — des touches légères suffisant à induire une mise hors combat sans traumatisme, en parfait accord avec le cadre légal de la légitime défense.
Au KMD44
Le Kyusho-Jitsu au Kwang Myung Dojang
Olivier Lehuby a réellement découvert le Kyusho-Jitsu en janvier 2009 lors d'une initiation avec Maître Bindel Jean-Paul — 9e dan DKI, considéré comme la première personne à avoir massivement introduit et développé le Kyusho-Jitsu en France, après un stage fondateur avec Mark Kline en 2002.
Une formation auprès de multiples maîtres
Sur l'initiative de Maître Bindel, de nombreux experts issus de l'enseignement du prof. Dillman — pour la plupart américains — sont venus en France animer des séminaires. Maître Bindel et ses collaborateurs créèrent l'AEKJ (Association Européenne de Kyusho-Jitsu) pour structurer un cursus de formation cohérent. C'est dans ce cadre, auprès de multiples maîtres, qu'Olivier s'est formé.
En novembre 2011, une scission entre le prof. Dillman et Maître Bindel entraîna la dissolution de l'AEKJ. Olivier poursuivit alors sa formation directement auprès des experts de l'école DKI, approfondissant ainsi sa pratique dans la source directe de la lignée Dillman.
Progression
Passages de grades Kyusho-Jitsu
Le Kyusho-Jitsu est une discipline complémentaire qui s'enseigne indépendamment de l'art martial principal du pratiquant. Les passages de grades ont lieu deux fois par saison. Ils évaluent la connaissance des points vitaux, leur localisation, les modalités de stimulation et les applications dans les techniques martiales.
Un système par niveaux
Contrairement aux arts de combat à mains nues, le Kyusho-Jitsu ne se pratique pas avec des ceintures colorées. La progression s'organise en niveaux numérotés — du niveau 1 (introduction aux points fondamentaux) aux niveaux avancés (application intégrée, cycles énergétiques, enseignement). Chaque niveau correspond à une maîtrise approfondie d'un groupe de points vitaux et de leurs applications martiales.
Les détails des critères d'évaluation par niveau sont disponibles sur demande auprès de Maître Olivier Lehuby, 3e dan Kyusho-Jitsu.
Dates des passages de grades saison 2026-2027 — à compléter par Olivier Lehuby
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